La chasse aux capsules d’œuf de raie : une étrange découverte 

La chasse aux capsules d’œuf de raie est un phénomène étrange qui a récemment suscité l’attention des chercheurs et des amateurs de nature. Ces capsules sont pondues par les raies et contiennent des œufs protégés par une coquille dure. Bien que ces capsules soient couramment trouvées sur les plages échouées soient vides, certaines personnes les recherchent activement pour participer à la recherche scientifique ou pour découvrir pour la première fois cet œuf si spécial.

oeuf de raie
Capsule d’œuf de raie vivante

Dans cet article, on vous explique les raisons de cette chasse aux capsules d’œuf de raie et l’objectif de l’APECS (Association pour l’étude et la conservation des Sélaciens) pour préserver cet animal en voie de disparition.

Le programme CapOeRa permet d’en savoir plus sur le cycle de vie des raies

Le programme CapOeRa, lancé en 2005 dans le but d’accroître la science participative à travers la France, travaille en tandem avec l’APECS (Association pour l’étude et la conservation des sélaciens) pour organiser des journées de découverte et recenser les capsules d’œufs de raies le long des plages françaises. Ces initiatives scientifiques permettent de mieux connaître ces espèces souvent menacées, le tout dans un esprit de conservation.

Le programme à deux grands objectifs :

  • Tenter de combler le manque d’informations sur les raies (répartition géographique de l’espèce, période de ponte, zones de reproduction) ;
  • Sensibiliser le public à la présence de ces animaux marins sur le littoral français et les amener à préserver la biodiversité.
capsule d'oeuf de raie
Œuf de raie brunette échoué depuis quelques jours

Depuis 2016, l’APECS détermine un bilan des actions de ramassage pour mieux comprendre le cycle de vie des raies et comment les protéger. La raie est une espèce fragile qui doit être préservée pour continuer à peupler les mers du globe.

Les espèces qui se reproduisent sur notre territoire

Connaissez-vous les espèces de raies qui se reproduisent dans notre région ? De la raie brunette à la raie douce en passant par la raie fleurie, quelles sont celles présentes sur le territoire français ? Il est à noter qu’il existe une dizaine d’espèces de raies ovipares découvertes grâce à l’étude des capsules menées par l’APECS.

La raie brunette (70%)

De toutes les espèces qui produisent des capsules d’œufs s’échouant sur nos côtes, c’est la raie qui en fait le plus. Rien qu’en France, de 2005 à 2017, 510 000 capsules d’œufs de raies brunettes ont été collectées, soit 70 % des capsules échouées ! Cette quantité incroyable a pu être atteinte en seulement 12 ans puisque ce chiffre représente près des deux tiers de la collecte nationale totale entre cette époque et aujourd’hui.

Sa capsule est très reconnaissable, car elle possède des cornes supérieures plus grandes que celles inférieures. La taille de la capsule se situe entre 7 à 9 cm de longueur selon l’œuf.

La raie bouclée (25%)

Deuxième espèce la plus observée sur nos côtes si l’on se tient aux chiffres des différentes récoltes. La raie bouclée est une espèce benthique que l’on retrouve beaucoup sur les plages de Bretagne.

La capsule de raie bouclée se distingue par une cavité rectangulaire bien visible qui mesure environ 6 à 7 cm de long et semble presque carrée. Alors que les capsules de raies brunettes ont des cornes plus longues, celles de la raie bouclée sont plus courtes et généralement de taille égale.

La raie lisse (2,7%)

La capsule de raie lisse est facilement identifiable par ses longues cornes supérieures, qui ont malheureusement tendance à se briser lorsqu’elles sont échouées sur le rivage. La cavité centrale de cette capsule s’étend de 10 à 12 cm de long et a été le plus souvent observée sur la côte ouest du Cotentin, contrairement à de rares observations sur les plages de la Méditerranée ou du sud du Golfe de Gascogne.

La raie douce (0,9%)

bébé raie

C’est en Vendée que l’on a retrouvé le plus grand nombre d’œufs de raie douce d’après les données du programme CapOeRa. La capsule d’œuf de la raie douce est très caractéristique, c’est une des espèces qui pond le plus petit œuf (de 5 à 6 cm) aux bords arrondis. Les cornes présentes sur la capsule de raie douce sont plutôt longues si l’on compare à la cavité centrale.

La raie mêlée (0,3%)

La capsule de cette espèce mesure 7 à 8 cm de long et présente une cavité étroite à sa base. Ses cornes supérieures sont longues et fines tandis que les inférieures sont courtes, larges et légèrement incurvées l’une vers l’autre. La Gironde a connu une abondance d’échouages pour ces capsules contrairement à tout le reste de la Manche où beaucoup moins de capsules de raie mêlée ont été découvertes.

La raie fleurie(0,1%)

La capsule de cette espèce est particulièrement unique, présentant une cavité peu profonde de 5 à 6 cm avec une forme exceptionnellement ronde et des cornes supérieures allongées qui sont connues pour se courber ou même s’entrelacer. Il faut être prudent lorsqu’on tente de l’identifier, car ses capsules sont rarement trouvées intactes lors de l’échouage, les cornes fragiles peuvent se briser facilement, ce qui rend la reconnaissance difficile.

Ce qu’on sait sur les œufs de raies

Les raies ovipares pondent des œufs sous forme de capsules et, après l’émergence de leurs petits, ces coquilles vides (trop légères pour rester à flot) sont abandonnées sur la plage. La collecte menée à travers le programme CapOeRa a permis aux chercheurs de comprendre comment les raies se reproduisent et dans quelle zone du globe.

L’objectif est de sensibiliser le public à la présence de raies sur nos côtes, et à la nécessité de mieux connaitre ces espèces afin de préserver la biodiversité. L’étude de ces capsules menée ensuite par des personnes qualifiées permet d’en savoir plus sur les espèces de raies présentes sur le territoire : aire de répartition, zone de reproduction, période de ponte, déclin de certaines espèces, besoin de les préserver.

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